29 nov. 2008

Alan Mills à Lire: le magazine littéraire

Il n'est pas besoin d'attendre les années pour imposer sa prose. A trente ans á peine, Alan Mills est ainsi considéré au Guatemala comme l'un des plus grands poètes nationaux (attention à ne pas le confondre avec ses deux homonymes célèbres, l'un chanteur folk, l'autre joueur de tennis!). Cet écrivain, qui écume les festivals tout autour du monde, a notamment publié le recueil Testamentofuturo, composé de textes parus entre 2002 et 2005 au Guatemala et au Mexique, tels que Les noms ocultes, Signe d'eau et Poèmes sensibles. En 2007, il publie Síncopes.

Lire: le magazine littéraire. Novembre, 2008.



(syncope vi

je pourrais crier boire de ton sang que tu me laisses maman elle devient je crois que je pourrais crier que tu me laisses maman boire de ton je pourrais je crois elle devient crier folle que tu me laisses ton sang boire maman elle folle devient je pourrais crier que tu me laisses boire de ton sang folle devient elle maman je crois que maman pourrait boire de ton sang elle devient folle je pourrais crier boire crier boire de ton maman crier de ton sang je crois que je pourrais maman que tu me laisses boire maman ton sang maman je pourrais crier elle devient folle je pourrais boire boire ton sang boire ton sang folle folle maman ton sang devient je pourrais folle que tu me laisses folle que tu me laisses folle que tu me laisses)

Syncopes, fragment: traduit de l'espagnol par Alba-Marina Escalón

24 nov. 2008

Etranges lectures: avec Rodrigo Rey Rosa à Périgueux

Dans le cadre d’Etranges lectures à Périgueux, on a passé une soirée exceptionelle à la Bibliotèque municipale lunedi dernier. Voilà l’emission radio qu’ils ont fait. Si vous voulez entendre l’interprétation de Syncopes (par Alain Calandreau et Sébastien Fouillat) il faut aller jusqu’au numéro 3175.

Escucha aquí: entrevista en francés a Rodrigo Rey Rosa y Alan Mills, semblanza de François Augierás a cargo de RRR.

Y premier de ncopes en francés, a cargo de Alain Calandreau, audio a la altura del número: 3175.

¡¡¡Para escuchar también puedes hacer clic aquí!!!

Conducen: Jean-Louis Glenisson y Bernard Coste.

Syncopes, fragment (traduit de l'espagnol par Alba-Marina Escalón):

6 : 04 p.m. :

je connais un autre village, où les enfants rient à la tombée du soir, ils sont bien morts mais riant aux éclats, ils s’amusent avec les chiens qu’ils n’ont jamais eus, ils se sont couverts d’un drap de terre qu’ils savent s’enlever pour faire voler leur cerfs-volants célestes, là-bas, les mutilées de juárez et du guatemala font office de nourrices, elles ne reconnaissaient pas non plus cet inframonde où les petits riront tous les matins qui manquent, oui, ils ont déjà sympathisé avec des gamins violés de bassora et s’éclipsent dans des jeux inouïs, sabino raconte qu’on a dépecé à coups de baïonnette les fœtus de ses cousines, sabino se cachait sous les cadavres, et ensuite, il marchait jusqu’au chiapas pour échapper aux kaibiles1 qui voulaient le gonfler d’Amour à bloc, ce chaos transporte les diamants qui régissent notre insomnie, je connais ce village, c’est là qu’ils ont organisé la Grande Fête où nous voulons tous aller, enclave d’ombres dont une fièvre de glace a effacé la face, aujourd’hui ce n’est plus qu’une énorme blessure, des vapeurs, et on connaît déjà les différentes manières d’écouter le Cœur du Ciel ou de ne pas le faire, oui, c’est la décharnée qui a volé ces vers qui décoraient la place, oui, seul le bruit serait capable d’interpréter aisément la quantité de silence secrété par un hameau fantôme, voilà pourquoi le rire candide des enfants au crépuscule, voilà pourquoi ils jouent dans la fange et ne voient pas leur sang, et cela va durer, notre destin est manifeste, c’est le Cœur du Ciel qui le dit en pleurant

(syncope ii

ces haut-parleurs l’étourdissaient, avec leurs préceptes évangéliques à tous les coins de rue : le pire c’est qu’à la longue, il s’est habitué : l’abîme perfore notre acuité de la même façon, oui, il voyait à peine les visages de ces petits souffrants, il les sentit si égaux à eux-mêmes, si répétitifs dans la douleur de leurs pères, qu’il comprit pourquoi ses coups de poings ne lui faisaient pas mal, il sourit intérieurement, revivant le souvenir de cette ardeur aigre-douce à laquelle il regoûterait quelques années plus tard, grâce au colostrum de certaines nuits torrides passées avec la mère d’un tel)

là je te sens

Photos: Philippe Andrieux.

19 nov. 2008

Étranger un jour, étranger toujours ?

Je voudrais remercier Monsieur Alexandre de Nuñez et au Salon du Livre d'Amérique Latine, c'était une expérience magnifique de vous connaitre!!! Merci beaucoup !!!

Sim, mesmo que o meu sotaque é forte no clip, eu acho que adianta. E agora deixo para vcs
esse texto sobre Gasolina que publicaram no Brasil, no site Cronopios, obrigado Maria Alzira e Edson Cruz.

Aqui um trecho:

+ Dificilmente veremos um filme tão violento com menos sangue, menos balas e menos sexo. A violência de Gasolina é a dos interstícios da linguagem, o vazio que lembra a presença de uma coisa absolutamente maior e inominável como marco fatal para os desencontros humanos. Os adolescentes guatemaltecos do pós-guerra (anos 90) não podem/não sabem falar, sua comunicação está interditada pela impossibilidade de qualquer afeto que não esteja mediado pela brutalidade ou sua simulação. Seus pais são espectros sem rumo, cheios de angústia e desolação, querem ao mesmo tempo protegê-los e castigá-los, resguardá-los e torná-los culpados de tudo. São fantasmas derivados da guerra, geradores de silêncio.




Et voici un autre fragment de Syncopes, très liée au filme:

branlette est la traduction d’un tel plaisir, écriture en vers, oh, mensonge trop excitant, c’est presque comme imaginer une foule me déshabillant, ces humbles voudraient m’asperger de leur essence pour que je serve de torche, ceux qui après danseront autour de moi dans les Mégatemples, ceux-là ils aiment l’essence, c’est leur plaisir, ils sentent qu’ils s’empoisonnent s’ils ne s’enflamment pas, a) mon destin pour le poème serait un peuple qui n’existe plus, b) mon destin pour le poème serait un peuple qui n’existe pas encore c) Oli Garchie est le nom d’une mère affreuse infectée de la peste, d) c’est pas possible, ce n’est pas possible

(traduit de l'espagnol par Alba-Marina Escalón)

18 nov. 2008

Guatemala en Les Belles étrangères, en Radio France



Guatemala en Les Belles Etrangères. El Festival de las letras extranjeras, Les Belles Etrangères se lleva a cabo en París desde el 8 al 22 de noviembre; para su 20ª. edición ha invitado a 20 escritores de diez países distintos: Albania, Austria, Canadá, Corea del sur, Egipto, Guatemala, Nueva Zelanda, Polonia, Portugal y Turquía. Les Belles Etrangères es una manifestación única organizada por el Centro Nacional del Libro que representa un escaparate del apoyo del Centro Nacional de Libro a toda la cadena de los profesionales del libro: autores, editores, traductores, libreros, universitarios y bibliotecarios. Rodrigo Rey Rosa, escritor guatemalteco, es uno de los autores que presenta esta edición. Las ediciones Gallimard han publicado este año “La rive africaine”, traducción al francés de “La orilla Africana”( escuchar la entrevista de Escarlata Sánchez a Rodrigo Rey Rosa, acompañado del joven poeta Alan Mills).

Escuchar entrevista aquí.

Image: Radio France International

Dans les pas de François Augiéras

Adjunto este artículo en francés sobre la visita a Perigueux, hogar del alucinante escritor François Augiéras, cuyo último libro fue traducido al español por Rodrigo Rey Rosa. La noche anterior a nuestra llegada a estas grutas en Domme, esa ciudadela maravillosa llena de palacios medievales y cuevas prehistóricas, se había hecho un performance de mi libro Syncopes (a cargo de Alain Calandreau) en la Biblioteca Municipal de Perigueux, donde RRR también hizo una extraordinaria reseña de la vida y obra de Augiéras, ese loco iluminado. Agradezco a Bernard Coste y todos los que hicieron posible esta inolvidable caminata, también a Paul Placet por leer esas extraordinarias cartas en esa cueva-cámara real.

Dans les pas de François Augiéras (http://www.sudouest.com)


Belle rencontre que celle qui s'est déroulée jeudi de novembre à Domme entre Rodrigo Rey Rosa et Paul Placet, sur les traces de François Augiéras. Écrivain guatémaltèque, Rodrigo Rey Rosa a traduit en espagnol l'ultime livre de François Augiéras, « Domme ou l'essai d'occupation », que lui avait fait découvrir Paul Bowles, lui aussi inconditionnel du « Barbare en Occident », lors d'un séjour à Tanger.



« Le divin sentier ».


Invité par la ville de Périgueux dans le cadre des Belles étrangères(1), une manifestation organisée par le Centre national du livre depuis 1987 pour favoriser la découverte de littératures étrangères, Rodrigo Rey Rosa a répondu favorablement à la proposition de se rendre en Périgord tant son désir de marcher sur les traces de François Augiéras était grand. On ne pouvait pas trouver meilleur guide que le « coéquipier » d'Augiéras, Paul Placet, pour accompagner Rodrigo Rey Rosa dans la bastide de Domme et le conduire jusqu'aux grottes où Augiéras aimait se réfugier.


C'est donc avec beaucoup d'émotion que Placet et Rosa ont emprunté « ce divin sentier des falaises », se penchant, comme l'avait fait Augiéras en son temps, « au bord du précipice d'où l'on voit la Dordogne, cent mètres plus bas ». La petite caverne est apparue aux deux nouveaux amis, celle où Augiéras avait « souffert de la solitude et du froid » mais qui était sa « retraite au plus secret de la pierre ». Là, Paul Placet se remémora le jour où il avait voulu accompagner un professeur de musique d'Excideuil qui désirait voir Augiéras. Ce dernier avait refusé, préférant recevoir le visiteur dans l'autre grotte, celle qui se trouve sous le château du Roy. C'est « dans les profondeurs de l'Acropole de Domme », qu'Augiéras avait découvert sa « chambre royale », une « caverne plus vaste qu'une église », qui était pour lui « l'Europe mystérieuse et secrète ».



Cette rencontre aura été, à n'en pas douter, un moment inoubliable pour Rodrigo Rey
Rosa et les personnes qui l'accompagnaient, comme Alan Mills, un jeune poète guatémaltèque.

(1) Les « Belles Étrangères » Pour fêter les 20 ans des « Belles étrangères », le Centre national du livre reçoit jusqu'au 22 novembre vingt écrivains de dix pays : Albanie, Autriche, Canada, Corée, Égypte, Guatemala, Nouvelle-Zélande, Pologne, Portugal et Turquie. À Périgueux, « Étranges Lectures » s'est associé aux manifestations des « Belles Étrangères » et donc a accueilli deux écrivains guatémaltèques, Rodrigo Rey Rosa, découverte des « Belles Étrangères » en 1997, et Alan Mills, jeune poète non encore publié en France.

Photo: Anne Bécheau
Photo: Bernard Coste

14 nov. 2008

SYNCOPES !


(Fragment)
Traduit de l'espagnol par Alba-Marina Escalón

6 : 00 p.m. :

la souillure m’envahit, quiconque dirait que cette nuit je ne fleurirai pas, toute fébrilité pénètre par un halo de lumière indécise, telle une musique obscure et génétique, ma situation actuelle ne me permet pas d’être ému, j’irai sans frein jusqu’au fond, pourquoi ne voudrais-je pas de ce soulagement embrouillé que je suis dans cette dyslalie, j’exige un langage, cette tension est la seule chose qui s’adoucit à mesure du voyage, aïe, distance, tu ne vas pas diriger mon étrange nervure, certains soucis se dissolvent à peine, on précipite l’échange ou le nomadisme des corps, je ne fuis plus ce peuple mais son époque, ces siècles si enclins au crime, j’y inclus les tartuffes et les enfants mangeurs d’enfants, combien d’alcool doit accompagner cet enlisement, combien de grâce perdue dans les escarmouches consanguines, un jour viendra où l’on s’enflammera la tête comme de maudites allumettes, le feu se mettant à calciner toute supplique évanescente qui ne soit pas une blague pour le puissant affligé, aïe, notre histoire ne mène à rien, la rue est jonchée de centaines de corps ayant des marques de morsure entre les jambes, les patrons aspergent de sperme les belles-filles de leurs domestiques, leur recousent un sentier chatoyant de la vulve à l’anus, aïe, il y a quelques jours on a retrouvé dans la poubelle un fœtus incubant des larves et certains assurent que c’était le Rédempteur et que les mouches naissantes notre Saint-Esprit, oui, la page est blanche et noir est le désir, brûlons ce fauteuil, au bûcher les livres, oui, friche ou pas je m’en fiche, comme de ta petite symphonie du nouveau monde, au diable les pasteurs pâques est finie, ici ça sent la débauche mâtinée de famine, à peine verrons-nous de hâves escarbilles, qui donc fera quelque chose de digne, quelque chose pour buter les assassins des côtes, aïe, ça ne sert à rien, je survis grâce aux emprunts et je vois les lumières qui jadis éblouissaient mon rêve, je ne reconnais toujours pas la voix hostile car je la reçois du fond de sa dislocation intime, au point où on en est, tout pourrait se résoudre par un duel magnifique, comme à l’époque, et nous tuer très doucement, a) avec tes mots

on m’a violé mais y’en a pas un qui me croira, moi la pauvre pute, ils me chopent, ils font la bringue sur moi, ils prennent leur pied, ils s’éclatent à éteindre leur petites clopes sur ma carcasse, sérieux je me suis toujours sentie trop moche, de la vraie merde, et maintenant ces connards qui viennent me dire : écoute poupée, sois tranquille, parce que les femmes c'est juste bon à se faire baiser, quel culot putain, j’en ai bavé et pourtant je me souviens à peine de ce qu’ils disaient, tout le reste est dans le noir, putain que ça fait mal là où je pense, comme ça marrache là dedans, moi je vais leur dire si je suis en cloque, salauds, et que ce gosse je l’appellerai carlos julián parce que c’est les seuls noms dont je me souviens : défonce-la julián, passe-la moi carlos, éclate-la, c’est ton tour julián, oui, juste deux noms, mais je sais qu’il a au moins cinq pères, peut-être six, six enculés de flics, aïe, putain de sale nuit, si je les vois je les tue, je jure que je ne laisserai personne t’appeler fils de pute, non mon fils, non mon carlos julián

(syncope i

non, je ne veux pas qu’un seul de mes frères clamse sans jouir, non, du reste je ne m’en occupe pas : leur apaisement laisse à peine la place à cette idée : les poissons bleus ne demandent jamais la permission de scintiller sous nos cuisantes steppes, aujourd’hui c’est le jour des morts, d’où le ton, si je pense au plaisir je pense à Ville lumière, même si elle n’est plus ce qu’elle n’a jamais été, à présent la mode pimpante et sa gaieté sont élimées, il y a ceux qui parlent perchés sur d’illustres podiums ou qui lèvent leur verre à l’éloignement de leur pays, mais à quoi bon agoniser dans ce musée comme le petit d’un chien disséqué, ou des morceaux sculptés illuminant un couturier, ou le vide flagellant que façonne gonzález, si l’on perçoit à peine les artistes se noyant dans des lunettes grotesques, ou les immigrées qui plus tard papillonneront dans les grabats de la cité universitaire)

ici on souffre mais on s’éclate


Image: http://www.santemagazine.fr


Lecture au Lycée Honoré-de-Balzac

El realismo trágico de Alan Mills

Por José Córdova

Gabriel García Márquez había considerado que el «realismo mágico» era la única forma de trasladar fielmente la realidad latinoamericana a la escritura, ya que lo «mágico», según él, —aunado, además, a lo «barroco»— sirven para que una obra literaria —en este caso la de Gabo— sea verosímil, es decir, que la narración sea tan o más real, desde el punto de vista de que lo real, “tiene existencia verdadera y efectiva”.

Sin embargo, hubo una generación posterior que pensó que esta escritura «real maravillosa» de García Márquez no era definitivamente verosímil, ya que en las mismas narices de Macondo, existía un país ensangrentado en la violencia, tanto por parte del mismo Estado como por las Fuerzas Armadas y el terrorismo, la que aunada al narcotráfico y ésta, a su vez, a la miseria, el pandillaje y el sicarismo de las grandes urbes, hacían, no sólo de Colombia, sino también de casi toda Centroamérica continental, un territorio sangriento y terrible, casi imposible para seguir habitándola.

Es así que los nuevos escritores (como el colombiano Gustavo Bolívar) crearon lo que luego llegó a conocerse en la literatura latinoamericana como «realismo trágico» —aquí, literatura de los años de la «violencia política»—, pues ésta estaba totalmente desligada de esa excesiva verbosidad, y sin los efectos dramáticos con los que se subrayaba, en las antiguas novelas, lo que se pretendía trágicamente superior, puesto que en sí, lo trágico (violencia, y sólo violencia), finalmente, era el asunto que el novelista del «realismo trágico» quería retratar en su obra.

Y es desde esta perspectiva que Alan Mills (Guatemala, 1979) —utilizando los recursos del lenguaje popular y una «retórica callejera»—, nos da cuenta de la “realidad” de su país y parte de los extramuros centroamericanos (como la frontera mexicana por ejemplo): «me violaron pero quién me va a creer, pinche puta que soy, me levantan, conmigo está su purrún, su chinique, en este pellejo les gusta divertirse y apagar sus cigarritos, en serio que siempre me sentí fea, bien hecha mierda, y ahora estos cabrones viene a decirme: mire manaíta usté tranquila, en gustos se rompen géneros y en petates buenos culos, ve qué de ahuevo, por tanto daño apenas y me acuerdo de lo que decían, […] cómo miarde adentro, igual yo sólo les aviso que ya estoy panzona, cerotes, y que a este hijo le voy a poner carlos julián porque son los dos nombres que recuerdo: dale duro julián, pasala carlos, hacela mierda, te toca julián, sí, dos nombres nomás, pero yo sé que sus tatas fueron al menos cinco, tal vez seis chantes culeros, ay, noche más pisada, si los miro me los quiebro, juro que nunca voy a dejar que te digan hijo de la gran puta, no mijo, no mi carlos julián (p. 10)».

Y es también con esta impronta coloquial, latente en casi todo el libro, que Mills pretende ser cosmopolita —y posmoderno a la vez— para, sólo así, poder comunicarnos el retrato de una realidad social absolutamente violentísima e inhumana. No en vano el filósofo argentino Tomás Abraham postuló el concepto de «realismo trágico para dar una idea del modo en que los nuevos tiempos incidían en la conducta de la gente»; y, puesto que este «realismo moderno no depende de dioses, sino que es un realismo del cálculo de las cosas, pero con un perito mercantil alado (T. Abraham)», —es decir, del libre mercado con su ángel salido de ese capitalismo salvaje del que hablan los marxistas— el discurso trasciende, justamente en una postura casi sociológica más que literaria.

Ahora bien, dado que «los nuevos sujetos del poder son los capitales (Ibíd.)», al fondo siempre quedan los excluidos, los sin tierra, los que no tienen casa ni palabra, y, sobre todo, los inocentes; por eso Mills nos dice: «conozco otro pueblo, uno donde los niños ríen al caer la noche, están bien muertos pero risa y risa, travesiean con los chuchos que nunca tuvieron, se han echado encima una sábana de tierra que saben quitarse para soltar sus barriletes etéreos […]; sólo el ruido interpretaría con soltura la cantidad de silencio que expele una aldea fantasma, por eso la risa confiada de los niños al anochecer, por eso juegan entre el limo y no miran su sangre, esto va a persistir, nuestro destino es manifiesto, lo dice con llanto el Corazón del Cielo (p. 11)».

De ahí que, dejando todo atisbo de artificio metafórico, y por comedido que este ejercicio sea, el poeta utiliza atajos de rudeza, para que, de esta manera, no se altere la traumática realidad que crudamente evoca: «una tarde hermosa, afuera, en la pila de lavar, miré sin querer a cierto pariente mío ultrajando a la muchacha que enjuagaba la ropa, quedé paralizado, iluso quise imaginar algún alivio para ella, no era mucho el ruido, su boca mordía un trapo medio mojado que irradiaba dolientes burbujas engarzándose desde ahí hasta los cielos más desconocidos (p. 20)».

Sólo así, —en esta (y con esta) violencia explícita—, el poeta logra obtener una “pérdida repentina del conocimiento y de la sensibilidad” para postular un origen, es decir, referirse al sexo, (en un proceso de degeneración, en todas sus manifestaciones, tanto consentida como forzada) como una constante primigenia de la violencia, como si a través de él se engendrara todo atisbo de violencia; por ello el sexo se vuelve un trauma: «esas mujeres con sus vulvas chispeantes: flores del mal para este ensueño que muere (p. 21)», del que uno no prevé consecuencias: «por donde debiera pasar el tren no anda tren ninguno, ahí más bien desfila la sífilis, el vih, las diosas del papilomas y demás, ningún piano blanco en esas casuchas de orillera, ningún libro de cabecera para estos galpones polvosos, nuestros vagones abandonados anuncian que nos fracasó el hierro y de noche me siento ciudad no realizada transpirando a través de las llagas de sus putas, esqueleto vacío de volarse en su carne perdida (p. 14)». Es así como desde el inicio del texto hay una especie de autoinculpación: «me voy manchando, cualquiera diría esta noche no floreceré, toda calentura ingresa por un halo de luz desvanecida, tal música oscura y genética, mi situación presente no permite que me conmueva, iré sin freno hasta el fondo, cómo no voy a desear este desahogo si me enredo en la dislalia, quiero un habla, esta tensión es la única cosa que se suaviza en la medida del viaje (p. 9)», la misma que junto a todas estas imágenes truculentas de este «extraordinario poema de una violación permanente y, a la vez, una de las muestras más feroces y alucinadas de la gran poesía latinoamericana de hoy (Raúl Zurita)» descritas en 19 páginas terminan por enfermar, digamos traumar, mentalmente al protagonista: «doctor, doctor, / voy a contarle algunas cosas, / COSITAS / que quisiera olvidar pero no puedo (p. 29)».
·
Síncopes, 36 pp.
Alan Mills
Lima, Editorial Zignos, 2007