7 feb. 2010

Syncopes chez Retors



on m’a violé mais y’en a pas un qui me croira, moi la pauvre pute, ils me chopent, ils font la bringue sur moi, ils prennent leur pied, ils s’éclatent à éteindre leur petites clopes sur ma carcasse, sérieux je me suis toujours sentie trop moche, de la vraie merde, et maintenant ces connards qui viennent me dire : écoute poupée, sois tranquille, parce que les femmes c’est juste bon à se faire baiser, quel culot putain, j’en ai bavé et pourtant je me souviens à peine de ce qu’ils disaient, tout le reste est dans le noir, putain que ça fait mal là où je pense, comme ça m’arrache là dedans, moi je vais leur dire si je suis en cloque, salauds, et que ce gosse je l’appellerai carlos julián parce que c’est les seuls noms dont je me souvienne : défonce-la julián, passe-la moi carlos, éclate-la, c’est ton tour julián, oui, juste deux noms, mais je sais qu’il a au moins cinq pères, peut-être six, six enculés de flics, aïe, putain de sale nuit, si je les vois je les tue, je jure que je ne laisserai personne t’appeler fils de pute, non mon fils, non mon carlos julián

(Traduit par

Alba-Marina Escalón (Mexico, 1980). Traductrice diplômée en traduction littéraire à l’Institut Supérieur des Traducteurs et Interprètes de Bruxelles, elle a traduit en français Los Días de la Selva de Mario Payeras et Syncopes du poète guatémaltèque Alan Mills (en cours de publication chez Rouge Inside). Elle a également traduit Inquietud teórica y estrategia proyectual en la obra de ocho arquitectos contemporáneos de Rafael Moneo pour les Éditions Parenthèses. Actuellement, elle vit à Mexico, où elle travaille comme traductrice à l’Institut de Recherche pour le Développement.

Les illustrations de l’atelier Hispanophonie sont de Jerónimo López Ramírez, dit “Dr. Lakra”, Mexico, 1972. Il vit et travaille entre Mexico et la ville d’Oaxaca, au Mexique.)